Vous pensez sans doute que les céréales sont toujours le bon choix pour le climat. Et pourtant, le riz se distingue. Il émet plus de gaz à effet de serre que la plupart des autres céréales. Pourquoi et que pouvez-vous faire ?
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Pourquoi le riz se distingue parmi les céréales
La comparaison est nette. Consommer 1 kilo de riz produit environ 2 kg d’équivalent CO2. En face, certaines céréales et légumineuses restent sous 1 kg par kilo. Les produits animaux, comme le bœuf, dépassent souvent 20 kg par kilo consommé.
Autrement dit, le riz n’est pas aussi neutre qu’on l’imagine. Il reste bien moins émetteur que la viande rouge. Mais il émet sensiblement plus que le maïs ou les lentilles. Cela tient à une caractéristique des rizières.
Comment les rizières produisent du méthane
Le rôle du méthane
Le point clé, c’est le méthane. Les rizières traditionnelles sont souvent inondées. L’eau empêche l’oxygène de pénétrer dans le sol. Des bactéries anaérobies s’y développent. Elles transforment des composés carbonés en méthane.
Le méthane est un gaz à effet de serre puissant. Sur une période donnée, il peut être environ 25 fois plus efficace que le CO2 pour réchauffer l’atmosphère. C’est donc la source principale des émissions liées au riz.
Un phénomène ancien, amplifié aujourd’hui
Cette pratique d’irrigation existe depuis des millénaires. Elle a permis de nourrir des populations entières en Asie. À l’époque, cet apport en méthane avait d’autres effets climatiques. Mais aujourd’hui, ces émissions se cumulent aux autres sources modernes de pollution.
La hausse de la demande mondiale de riz aggrave la question. Certains pays dépendent fortement de cette céréale. L’augmentation des cultures inondées amplifie donc les émissions totales.
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Que pouvez-vous faire ? Alternatives et gestes concrets
Changer votre assiette : diversifier et privilégier les légumineuses
Le premier levier est alimentaire. Diversifier votre menu réduit votre empreinte carbone. Les légumineuses — lentilles, pois chiches, haricots — sont très intéressantes. Elles émettent peu et apportent des protéines et des fibres.
Voici une recette simple pour remplacer une portion de riz. Elle est pensée pour 4 personnes.
Salade tiède de lentilles et quinoa
- Ingrédients : 200 g de lentilles vertes, 150 g de quinoa, 1 oignon rouge, 2 carottes, 1 poivron rouge, 30 g de persil, 3 cuillères à soupe d’huile d’olive, 1 cuillère à soupe de vinaigre de cidre, sel, poivre.
- Préparation : rincez les lentilles puis cuisez-les 20 à 25 minutes dans 600 ml d’eau. Rincez le quinoa et cuisez-le 12 minutes dans 300 ml d’eau. Émincez l’oignon et râpez les carottes. Coupez le poivron en dés.
- Mélangez lentilles et quinoa tièdes. Ajoutez légumes et persil. Assaisonnez avec l’huile d’olive, le vinaigre, le sel et le poivre. Servez tiède ou froid.
- Equivalent : cette salade remplace facilement une portion de riz pour 4 personnes et augmente l’apport en protéines végétales.
Choisir un riz et des méthodes de culture moins émetteurs
Vous pouvez aussi limiter l’impact sans renoncer au riz. Certaines pratiques agricoles réduisent le méthane. La riziculture non inondée ou partiellement inondée émet moins de gaz.
Des expérimentations, notamment au Japon, montrent qu’il est possible de cultiver du riz sur un sol plus sec. Cela demande parfois plus d’investissement ou d’adaptation. Mais à l’échelle collective, ces changements peuvent être significatifs.
Quelques conseils pratiques
- Variez vos sources de féculents. Alternez riz, pommes de terre, pâtes, millet, maïs et légumineuses.
- Privilégiez les produits locaux et les filières qui communiquent sur leurs pratiques d’irrigation.
- Réduisez la fréquence du riz blanc si vous surveillez votre santé. Certaines études l’associent à un risque accru de diabète. Les légumineuses constituent une alternative saine.
- Informez-vous sur les labels et les initiatives locales pour une riziculture non inondée ou durable.
En résumé, manger du riz ne constitue pas le principal responsable du réchauffement. Mais il participe, pour des raisons techniques liées aux rizières, aux émissions de méthane. Diversifier votre alimentation et choisir des pratiques agricoles moins inondées sont des pistes tangibles. Vous pouvez ainsi continuer à apprécier le riz, tout en réduisant votre empreinte climatique.


